Inégalités face à la transplantation d’organes

Voici un article intéressant sur la transplantation d’organes qui aborde le thème de l’inégalité sociale dans l’accès à la transplantation et celle de l’inégalité sociale comme ressource pour la transplantation:  « La transplantation d’organes: commune humanité et inégalités sociales »

La première partie fait un bref historique de la transplantation.

La seconde partie, intitulée « Commune humanité et inégalités sociales » décrit en terme sociologique la problèmatique de la greffe:

En effet, la transplantation signifie qu’un organe puisé dans un corps peut remplacer l’organe défaillant d’un autre corps et améliorer le fonctionnement de ce dernier. L’organe peut passer d’un vif à un vif, comme d’un mort à un vif…

Les frontières religieuses, politiques, sociales ne sont pas les frontières médicales.

L’auteur démontre ensuite que quel que soit le pays, il existe des disparités pour l’accès à la greffe entre les régions, les âges et les origines géographiques. Enfin, il constate, que la distribution mondiale des transplantations n’a rien d’une distribution égalitaire (70% des transplantations bénéficient à 12% de la population mondiale).

Dans la troisième partie, intitulée « L’inégalité sociale comme ressource pour les biomarchés », il introduit la notion de biomarché. Ce commerce marchand prendrait racine dans un ensemble complexe et mouvant de relations internationales associées au développement de la transplantation. En effet, des personnes se déplacent d’un pays à l’autre pour bénéficier d’une transplantation (pays développés vers pays développés, mais surtout pays en voie de développement vers pays développé). Les pays développés réagissent en limitant le nombre des non-nationaux pouvant bénéficier d’une transplantation. C’est alors que les pays en voie de développement se tournent vers d’autres pays où les lois n’interdisent pas le commerce marchand autour de la transplantation. C’est à ce stade que le « tourisme de transplantation » prend son envol.

Ceci à donné lieu à la Déclaration d’Istanbul contre le trafic d’organes et le tourisme de transplantation en 2008.

Certains préconisent, afin de contrer ces marchés illégaux, la création de marché d’organes à transplanter, les biomarchés. Un tel biomarché existe en Iran. Le donneur doit être jeune (entre 24 et 35 ans) et en bonne santé! La cession de l’organe s’effectue sur la base d’une rémunération fixe fournie par le gouvernement et d’un paiement additionnel de la part du receveur. Pour les donneurs, des questions financières ont été à l’origine de la totalité de ces ventes. Ces derniers restent ensuite dans une misère sociale à laquelle s’ajoute une misère psychologique. L’auteur développe ensuite les notions de liberté libérale et républicaine et fait intervenir Karl Marx, je vous laisse lire…

La conclusion est qu’il ne faut pas cautionner un commerce marchand de la détresse, aussi bien pour le donneur que pour le receveur.

Détresse et espoirs des malades mourants à qui la transplantation d’un organe pourrait prolonger la vie et en améliorer les conditions; détresse des pauvres envisageant de vendre une partie de leur corps pour pallier le manque d’opportunités marchandes et l’inexistence ou les défaillances des politiques de redistribution et de santé de leur pays.

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Catégories : Néphrologie

Auteur :Dr Vincent Bourquin

Néphrologue blogueur

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One Comment sur “Inégalités face à la transplantation d’organes”

  1. 1 mars 2011 à 20:23 #

    L’expérience iranienne est soit un drame quand on se place dans le sens de l’auteur, soit une réussite si on se place dans le sens d’un systéme de santé, plus de besoin en dialyse si les auteurs iraniens disent vrais.
    Le débat est rude actuellement aux USA sur le sujet, je suis convaincu que le marché d’organes en pratique de reins émergera comme solution à l’explosion de mise en dialysé. L’utilitarisme prendra le pas sur tout le reste et la loi du marché qui nous gouverne fera le reste. C’est un sens inéluctable de l’histoire de la transplantation rénale. On peut le déplorer ou l’espérer mais je pense que c’est imparable. L’acceptation de la grossesse pour autrui dans de nombreux pays fait le lit de cette évolution, dans un blog précédent j’avais expliqué mon positionnement sur ce point. Dans 5 ans en angleterre ou USA on discutera d’une loi pour la mise en place d’un marché des organes.

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