L’intérêt des échanges plasmatiques dans le lupus

Des complexes immuns circulants, des auto-anticorps et d’autres composés immuns (composants du complément, cytokines…) sont impliqués dans la pathogénèse du lupus erythémateux disséminé (LED). Il semblait rationnel de vouloir les enlever par des échanges plasmatiques (EP). C’est ce qui ce faisait, jusqu’au début des années 80, où le LED était la deuxième indication la plus fréquente pour des EP. C’est alors que sont apparues les premières études qui n’ont pas montré d’avantage à ce traitement et les EP ont été abandonnés pour cette indication.

Actuellement, le pourcentage de patient avec un LED traité par EP est de 2% (registre French Society of Hemapheresis). Ils restent,cependant, encore quelques indications:

  • Néphropathie lupique sévère et/ou néphropathie lupique résitante aux traitements conventionnels. La définition n’est toutefois pas clairement identifiée!
  • Hémorrhagie alvéolaire diffuse. Complication rare du LED (<2%), par analogie au syndrome de Goodpasture.
  • Neurolupus ou neuro-psychiatrique LED.
  • Myocardite associée au LED.
  • Microangiopathie thrombotique (MAT). Comme dans les MAT non liée au LED, le traitement par EP, corticoïdes, cyclophosphamide, IVIG et anticoagulation est maintenant considéré comme standard. Un certain nombre de ces patients présente des  anticorps antiphospholipides (aPL)associés et ceux-ci sont de bons candidats pour des EP associés à du rituximab.
  • Syndrome catastrophique des antiphospholipides. Il est défini par la présence d’anticorps aPL avec atteinte d’au moins 3 organes.
  • Syndrome d’hyperviscosité. Complication très rare du LED.
  • Cryoglobulinémie. La clinique est souvent pauvre avec uniquement la présence d’une vasculite cutanée. Les EP sont efficace dans la cryoglobulinémie mixte essentielle et devraient, par analogie, être efficace dans celle associée au LED. Il n’y aura probablement pas d’étude le démontrant, vu la rareté de cette atteinte.
  • Prévention d’un bloc cardiaque complet congénital dans le syndrome anti-Ro (SSA). EP durant la grossesse!
  • Vasculite associée au LED. En cas d’atteinte cutanée avec une vasculite leucocytoclastique, les EP n’ont pas de place! Par contre, en cas de vasculite rétinienne, l’ajout d’EP au traitement standard s’est montré rapidement bénéfique.

L’immunoadsorption est une technique pleine de promesse, déjà tentée avec succès chez des patients avec néphropathie lupique sévère…

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Catégories : Néphrologie, Rein et maladie systémique

Auteur :Dr Vincent Bourquin

Néphrologue blogueur

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